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Jules Alingete : Un modèle en trompe-l’œil, et des cafards laissés dans les tiroirs de l’IGF

On a voulu nous vendre Jules Alingete comme le symbole de la bonne gouvernance, le « modèle » pour la génération future. Le shérif de la République. En réalité, son passage à la tête de l’Inspection Générale des Finances laisse un bilan qui sent le pourri dans les tiroirs.

1. L’IGF transformée en arme politique, pas en outil de gestion

Sous Alingete, l’IGF n’a jamais été un organe de contrôle républicain. Elle est devenue une milice financière au service du comité de gestion.

Le principe était simple : on contrôle, on expose et on détruit les adversaires ou les ministres devenus gênants, mais on ferme les yeux sur le premier cercle. Combien de rapports annoncés à grand bruit sur les réseaux sociaux, sans jamais de suites judiciaires sérieuses ? Combien de dossiers « accablants » qui finissent en négociation politique ?

Ce n’est pas de la lutte contre la corruption, c’est de la gestion de la peur. On ne moralise pas la vie publique, on instrumentalise le contrôle.

2. Les cafards dans le tiroir : le vrai bilan

Quand on ouvre les tiroirs laissés par Alingete, on ne trouve pas l’exemplarité :

– *Des missions à la tête du client :* L’IGF sous son règne n’a jamais audité les plus gros centres de dépenses du régime : la Présidence, les frais de fonctionnement des institutions budgétivores, les contrats de gré à gré les plus opaques. On contrôle les lampadaires et on oublie les forages.

– *Une gestion de clan :* Le népotisme et le clientélisme qu’il prétendait combattre se sont installés au cœur même de l’IGF, avec une garde rapprochée intouchable et des inspecteurs utilisés pour régler des comptes.

– *Aucun franc récupéré pour le peuple :* Où est l’argent détourné qu’on nous a promis de récupérer ? Quel est le montant réellement reversé au Trésor Public après 5 ans de tapage médiatique ? Zéro bilan chiffré, certifié et auditable. Juste des communiqués.

On nous a fait croire qu’on nettoyait la maison, mais on balayait la poussière sous le tapis.

3. Pourquoi il n’est pas un modèle pour la jeunesse

On ne peut pas proposer comme modèle à la génération future un homme qui a confondu buzz et réforme.

Un modèle, c’est celui qui construit des institutions fortes qui lui survivent. Alingete a construit une institution forte autour de sa personne, pas autour de la loi. Sans lui, que reste-t-il de l’IGF ? Une structure crainte, mais pas respectée. Redoutée, mais pas crédible devant un tribunal.

La vraie lutte contre la corruption ne se fait pas sur Twitter. Elle se fait avec des rapports contradictoires, des procès équitables, des condamnations et des recouvrements. Rien de tout ça n’a été fait.

Conclusion

Comme pour la marche du 15 septembre, le pouvoir a besoin de symboles pour cacher son absence de bilan. Alingete en était un.

Mais la jeunesse congolaise n’a pas besoin d’un shérif qui crie fort et qui laisse des cafards dans les tiroirs. Elle a besoin de gestionnaires silencieux, rigoureux, qui laissent des comptes propres et des institutions indépendantes.

Son passage à l’IGF n’est pas une référence. C’est l’illustration parfaite de la gestion catastrophique actuelle : beaucoup de communication, aucune refondation.

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