Suite à des décès successifs dans sa famille : Une jeune femme poignardée à plusieurs coups de couteau
En République démocratique du Congo, la mort inopinée d’un proche ne relève presque jamais du simple concours de circonstances biologiques ou accidentel dans l’imaginaire populaire. Il suffit qu’une personne disparaisse subitement pour qu’une enquête occulte s’installe au cœur du clan, transformant instantanément un membre de la famille en coupable idéal et en sorcier désigné.
Cette tragique réalité culturelle plonge des foyers entiers dans la suspicion généralisée, où la douleur du deuil se métamorphose rapidement en paranoïa collective et en violence destructrice. C’est alors que l’intervention de certains prêcheurs autoproclamés, de prophètes ou de devins locaux vient alimenter la psychose en pointant du doigt un coupable au sein même de la cellule familiale.
Dès lors, le prétendu sorcier est sommé de s’expliquer, parfois torturé ou soumis à des aveux forcés lors de séances d’exorcisme
agressifs orchestrées pour soutirer de l’argent ou purifier l’assemblée. Le bannissement, le rejet total par les siens, les brutalités physiques, constituent l’enjeu tragique de ces dénonciations arbitraires qui brisent le tissu social des communautés.
Telle est la situation vécue par Madame Itokua Muzaba Ornella, née à Kinshasa le 20 mai 1988, s’est retrouvée au centre d’une violente controverse familiale. cette mère de famille vivait avec son conjoint et ses enfants dans la parcelle familiale.

La situation bascule après une série de décès qui frappe sa famille en l’espace de quelques jours. Son père, sa mère, sa petite sœur et son frère aîné disparaissent successivement. Face à cette succession de drames, des jeunes de son quartier et les membres de sa famille commencent à la soupçonner d’être impliquée dans ces morts.
L’accusation prend rapidement une tournure particulièrement dangereuse. Menacée d’être brûlée vive, Ornella quitte son domicile et trouve temporairement refuge auprès d’un pasteur de son église. Mais son retour dans la famille ne met pas fin aux soupçons.
Pour certains proches, elle serait également liée à d’autres événements malheureux ayant touché son entourage. Ces accusations, qui ne sont accompagnées d’aucune preuve rapportée dans le dossier, débouchent sur des violences physiques et des humiliations publiques.
La jeune femme se retrouve alors confrontée à une double épreuve : le traumatisme provoqué par les décès successifs de ses proches et les violences résultant des accusations portées contre elle.
Son cas finit par attirer l’attention de personnes de bonne volonté qui la mettent en contact avec l’Association africaine des droits de l’homme.
L’organisation intervient notamment dans sa prise en charge psychologique et médicale. Selon les éléments communiqués, Ornella souffrait de traumatismes liés aux violences qu’elle avait subies. L’association prend également en charge ses soins hospitaliers.
Son histoire illustre les conséquences dramatiques que peuvent entraîner certaines accusations de sorcellerie lorsqu’elles se substituent aux preuves et à la recherche rationnelle des causes d’un décès.
Derrière le drame familial se pose ainsi une question plus large : que se passe-t-il lorsqu’une personne endeuillée devient elle-même la cible d’une communauté à la recherche d’un coupable ?
Dans le cas d’Itokua Muzaba Ornella, le soupçon n’est pas resté au stade des paroles. Il s’est transformé en menaces, en violences et finalement en exil.



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